La technologie et la crise

Des défaillances de l’architecture applicative ont elles joué un rôle dans la crise ?

Déclenchement de crise et son extension

Le second semestre 2008 a été marqué par une crise financière d’une ampleur inattendue. Si la crise aux Etats unis est liée à l’implosion de la bulle immobilière et notamment du segment des subprimes, il est intéressant de constater que la contagion au secteur financier européen s’est réalisée par le biais d’une exposition excessive des institutions sur des produits dérivés de crédit.

Un système décisionnel de pilotage des risques pouvant être amélioré

  Si les infrastructures informatiques ne sont pas responsables, elles auraient pu au travers d’applications adéquates fournir des tableaux de bord pertinents mettant en exergue cette surexposition aux décideurs, qui étaient jusqu’il y a peu incapables de connaitre l’exposition réelle de leur propre institution face aux dépréciations des actifs en jeu. Il y a là une leçon importante à tirer dans le cadre des systèmes de pilotage décisionnel et d’allocation des capitaux des institutions financières. NGR Consulting travaille dans le cadre de ses activités de recherche à améliorer les outils de suivi à destination du top management afin de garantir un pilotage efficace des activités. Enfin, un des facteurs aggravant a été l’émergence de scandales dans le cadre d’activités frauduleuses ou ayant fait ressortir une déficience du dispositif de contrôle interne. Dans ce cas, il est évident que deux types d’applicatifs entrent en jeu. D’une part, la couche applicative liée au contrôle interne visant à limiter les expositions par trader et d’autre part la couche de sécurité logique qui permet de mettre en œuvre au sein de l’organisation la nécessaire ségrégation des tâches. Or ces deux couches ont présentées des insuffisances flagrantes. Dans un cas, un trader a pu dissimuler des positions. Dans un autre, des pertes ont été enregistrées par un trader ayant dépassé ses limites d’exposition autorisées. Enfin dans le dernier scandale révélé on découvrait des avoirs fictifs. Une piste d’évolution ne serait elle pas que le régulateur impose un audit des dispositifs de contrôle interne par des cabinets de conseil maitrisant les SI et les processus opérationnels ?

Nordine GARROUCHE, Sébastien WINGERTER

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